Burkina : Des femmes africaines appellent à l’annulation totale et inconditionnelle de la dette illégitime en Afrique
Ouagadougou a accueilli, du 2 au 4 avril 2026, le séminaire régional portant sur l’écoféminisme, l’endettement et l’extractivisme face à la crise climatique. Cette initiative, portée par la coordination des luttes féministes du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM-Afrique) en collaboration avec le Mouvement africain pour le développement endogène et l’éducation (MADE), a appelé lors de la clôture des travaux à l’annulation totale et inconditionnelle de la dette illégitime en Afrique.
Durant trois jours, le séminaire a réuni des femmes venues de 14 pays dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée-Conakry, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Tunisie, autour du thème : « Renforcer les synergies écoféministes pour abolir la dette illégitime et construire un monde basé sur la justice sociale et le respect de la nature ».
La représentante de la coordination des luttes féministes du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM)-Afrique au Burkina Faso, Rasmata Samandoulougou, a déclaré que « ce séminaire se veut un cadre d’analyse critique des impacts croisés de l’endettement structurel, de l’extractivisme et de la crise climatique sur les femmes africaines ».
Elle a indiqué que « les femmes africaines sont particulièrement les premières victimes, les plus touchées par les conséquences de l’endettement de nos pays, de l’exploitation minière et du changement climatique ».
« La base de la famille repose sur la femme, elle en est la première responsable. Il est donc important de promouvoir ses droits pour arriver à la justice sociale, pour l’émancipation totale de nos États et la transformation structurelle des États », a-t-elle souligné.
Rasmata Samandoulougou a par ailleurs dénoncé le phénomène des microcrédits qui contribuent à appauvrir les femmes avec leurs taux de remboursement exorbitants, ce qui ne leur permet pas de se défaire de la misère.
Au cours de ce séminaire, des recommandations ont été formulées par les participantes, parmi lesquelles on peut noter : « l’annulation totale et inconditionnelle des dettes illégitimes, la réalisation d’audits citoyens et transparents de la dette et la fin des dérives de la microfinance qui transforme la précarité des femmes en profit financier.
« Nous exigeons le passage d'une logique de dette individuelle étouffante à un soutien massif pour un capital collectif et coopératif, géré par et pour les femmes ».
« La reconnaissance et la valorisation du rôle des femmes dans la gestion des ressources, la mise en place de financements climatiques publics, suffisants, accessibles et non générateurs de dette. Le soutien aux transitions justes, inclusives et centrées sur les besoins des populations ».
Également sur l’extractivisme, elles ont plaidé « auprès du gouvernement burkinabè qui assure la Présidence de l’UEMOA de mettre à l’agenda des réunions du Conseil des Ministres la révision des critères de convergence pour la réduction du plafond du taux d’intérêt de 24 à 0 % ».
«Nous espérons que les différentes recommandations qui se trouvent au niveau de notre déclaration ne passeront pas inaperçues et qu’elles seront prises en compte au niveau des décisions internes et internationales », a confié Rasmata Samadoulougou.
Pour sa part, la chargée de projet de la coordination des luttes féministes du CADTM-Afrique, Agnès Adélaïde Metougou, estime que le séminaire a atteint ses objectifs avec la validation du plan stratégique quinquennal des femmes, dont la rédaction du document avait été amorcée au séminaire de Yaoundé.
« Nous sommes arrivées à analyser, sur la base des réalités vécues par les femmes au niveau des communautés de chaque pays, et élaborer des recommandations dans notre déclaration en vue de promouvoir leurs droits », a-t-elle souligné.
Quelle est votre réaction ?
J’aime
0
Je n’aime pas
0
J’adore
0
Drôle
0
Fâché
0
Triste
0
Wow
0